sibyllin poemes a syd barrett - poems to syd barrett

 

Ecrit par Denis Combet
Traduction par Constance Cartmill
Illustrations par Jean Vouillon
Musique par Pascal Mascheroni

 

Written by Denis Combet
Translation by Constance Cartmill
Illustrations by Jean Vouillon
Music by Pascal Mascheroni


Sibyllin,
poèmes à Syd Barrett,

Le recueil de poésie que nous présentons ici est un hommage au musicien et peintre Syd Barrett (Roger Keith Barrett), décédé à Cambridge en juillet 2006.

Les poèmes mettent en lumière la vie du jeune artiste anticonformiste qui a préféré ou été obligé de se retirer du monde musical pour une vie plus discrète. De 1973 à 2006, Roger Keith Barrett vit dans l’anonymat à Londres puis à Cambridge.

Nous présentons ici des extraits de poèmes, en français et en anglais, qui ont été composés par Denis Combet, à partir du mois de juillet 2006. Ces poèmes seront publiés dans les prochains mois sous la forme d’un livre.

Les extraits de poèmes retrouvés sur le site sont accompagnés par des illustrations de M. Jean Vouillon.

Certains de ces poèmes
ont été publiés dans le journal électronique Ecclectica
( Brandon University, Canada )
sous le titre:
Guitars and Dust Dancing:

http://www.ecclectica.ca/issues/2007/2/

Pour d’autres renseignements contactez-nous et n’hésitez pas à nous donner vos impressions

   


Sibbyline,
poems to Syd Barrett,

The collection of poems presented here is a tribute to the musician and painter Syd Barrett (Roger Keith Barrett), who passed away in Cambridge in July 2006.

The poems highlight the life of the young artist as a nonconformist who preferred – or was forced – to withdraw from the music world for a more humble existence. From 1973 to 2006, Roger Keith Barrett lived in obscurity in London and then in Cambridge.

We offer here excerpts of poems, in French and in English, which were written by Denis Combet, starting in July 2006. These poems will be published as a book in a few months.

The artwork accompanying the poetry selections is by M. Jean Vouillon.

Some of these poems have been published in an electronic journal called Ecclectica (Brandon University) under the title Guitars and Dust Dancing:

http://www.ecclectica.ca/issues/2007/2/

For further information, please contact us, and let us know what you think.

All contents Copyright © 2007 Denis Combet et Jean Vouillon.
Tous droits réservés © 2007 Denis Combet et Jean Vouillon.

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Denis Combet | Jean Vouillon



"Guitar and Dust Dancing"

 

Aurore stellaire

Le Pink Floyd impérial :
All Saints Hall, Notting Hills, 1966.

Le vaisseau d'argent aux reflets d'ébène
Atteignit la constellation étincelante du Taureau.
De multiples soleils de pourpre s’y rencontraient.

Lueur mauve qui s’étend jusqu’à l’horizon.

Dans son astronef intergalactique de métal noir,
Inlassablement, il jouait de ses deux guitares stellaires.
Les mélodies effrénées donnaient une direction à son voyage.

Soudain, des miroirs géants surgirent du néant, le bâtiment les brisa.
Pendant une fraction de seconde, le pilote distingua clairement,
Sur une des glaces menaçantes, les traits émaciés de son visage.

Son propre regard le rendit instantanément aveugle.

Le Rounhouse durant l’été 1967 :
L’éclipse de Syd Barrett

 

Stellar Aurora

The imperial Pink Floyd:
All Saints' Hall, Notting Hills, 1966.

The ebony glinted silver ship
reached the shining constellation of Taurus
where manifold purple suns would meet.

Mauve glimmer stretching to the horizon.

In his black metal intergalactic spaceship,
Endlessly, he played his two stellar guitars.
The frantic melodies gave direction to his journey.

Suddenly, giant mirrors sprang out of the abyss, the ship smashed them.
For a fraction of a second, the pilot clearly distinguished
in one of the menacing mirrors the emaciated features of his face.

The sight of himself blinded him instantly.

The Roundhouse in the summer of '67:
The eclipse of Syd Barrett

 

 

Peintures astronomiques

Le Queen Elizabeth Hall suppure de mille feux,
Tout comme le public émerveillé du Roundhouse.

Le poète admire le système solaire et ses multiples planètes,
Mais il ne s’attache qu’aux astres les moins connus,
Pour leur donner vie par des peintures resplendissantes.

Cérès, Xena, Perséphone, Titanium, Saturne.

Sur les toiles illimitées des cieux,
Ses coups de pinceau, tels des étoiles filantes,
Des météores bigarrés, des astéroïdes liquides,
Sillonnent de leurs reflets la vastitude illimitée.

Pluton, Oberon, Miranda, Uranus, Jupiter.

De la friction des couleurs avec la nuit
Des musiques naissent, splendides.

Syd se revoit, au Club U.F.O, sa guitare distillant
Des sons sidéraux et des lumières cosmiques
En direction d’un public vagabond au centre duquel
John Lennon lève son bras vers le ciel enflammé.

 

Astronomical Paintings

The Queen Elizabeth Hall is flickering with a thousand lights
like the wonderstruck crowd from the Road House

The poet admires the solar system and its multiple planets,
but he turns his attention to the unknown stars,
to bring them alive with radiant paintings.

Ceres, Xena, Persephone, Titanium, Saturn.

On the boundless canvasses of the night skies,
his brush strokes, like shooting stars,
multi-coloured meteors, liquid asteroids,
break up the infinite space with their reflections.

Pluto, Oberon, Miranda, Uranus, Jupiter.

The friction of the colours against the night
produce splendid musical offerings.

Syd sees himself again at the U.F.O. club, his guitar exuding
sidereal sounds and cosmic lights
towards a floating crowd, in whose midst
John Lennon raises his arm to a blazing sky.

 

 

 

Vaisseau de nuit

Rages d’aventures impossibles.
Voyages douloureux à Fulbourn.
Cures de largactyl qui le calment.

Un vaisseau apparaît, gigantesque et majestueux,
Noir et brillant, tel un diamant étincelant.
Il sillonne l'espace à la recherche de planètes
Et de nouveaux mondes à détruire ou à assimiler.

Ses grandes voiles anthracite flottent au vent,
Couvertes de poussières sidérales magnétiques.
Parfois, sur ses côtés hérissés de pics menaçants,
On peut admirer ses longs canons sortant des sabords.

Le navire atteint bientôt les limites de la constellation du Verseau.
Au moment où les soleils emplissent la planète de leurs reflets multicolores,
Le vaisseau crache, de ses canons monstrueux, des salves de rayons destructeurs.
Mais Syd s’adapte et résiste par la force de sa pensée aux ondes mortelles.

Alors, détendu, il sort de la salle Arthur Max Barrett,
Quitte l’hôpital Adenbrookes de Cambridge
Et rentre chez lui, en silence et apaisé.

 

Night Ship

Tears of rage from impossible adventures.
Painful trips to Fulbourn
Treatments of largactyl to calm him down.

A ship appears, gigantic and majestic,
Black and shiny, like a sparkling diamond.
She furrows a trail in outer space in search of planets
and new worlds to destroy or assimilate.

Her great anthracitic sails rustle in the wind,
covered with sidereal magnetic dust.
Sometimes, her sides bristling with menacing spikes,
one can admire her long cannons reaching out of portholes.

The ship soon reaches the limits of the constellation of Aquarius.
When the suns shower the planet in a multicoloured array,
the ship spews from its monstrous cannons salvos of devastating rays.
But Syd adapts and through strength of mind resists the deadly waves.

Then, relaxed, he leaves the Arthur Max Barrett room,
walks out of the Cambridge Adenbrooks Hospital
and goes home, quiet and at peace.

 

 

 

Thank you ( A Dave Gilmour )

Cependant, vers la fin de sa vie,
Il revit ces instants magiques, superbes,
Où dans leurs rêves, ils jouaient, enfants,
Nus et recouverts d’or, sur les montagnes enneigées de la terre.
Son ami lui apprenait à jouer de la guitare comme son père la musique.
Alors que l’aube envahissait la planète, recouvrant les mers mortes,
Le soleil apparaissait, les transperçant de ses dards de platine embrasée.
Ils chantaient et dansaient, puis s’élevaient lentement dans les cieux mouillés.
Ils voyageaient, encerclés par des éclairs, en direction de l’astre sanglant,
Soulevés par des esprits de lumière qui naissaient des multiples nefs,
Accompagnés par de grands oiseaux grenat qui traversaient la foudre.
Alors, tenant le livre sacré d’Arthur C. Clarke, Syd se mit à rire
En remerciant son ami une dernière fois, comme jadis.

 

Thank you ( To Dave Gilmour )

And yet, near the end of his life,
again he saw those magical, wondrous moments,
when, in their dreams, they would play, as children,
naked and bathed in gold, on the snow-covered mountains of the earth.
His friend was teaching him to play guitar, just as his father taught him music.
Then the dawn would sweep over the planet, covering the dead seas,
the sun would appear, piercing them with its fiery platinum darts.
They would sing and dance, then slowly ascend into the wet heavens.
They would travel, circled by lightening, towards the bloody star,
lifted by spirits of light springing from manifold ships,
accompanied by great dusky red birds that passed through the lightening.
Then, holding the sacred book of Arthur C. Clarke, Syd began to laugh,
thanking his friend, one last time, just as in days gone by.

 

extraits

 

Neiges

La neige répand ses voiles éclatants sur la ville.
Le vent souffle dans son esprit bercé par un hiver angélique.

[…]

Des viaducs brûlent d’un feu indigo qui ronge son corps,
Mais Syd ne ressent rien, et seul le monde retrouvé
De la peinture, réveille en lui l’artiste qui rêve.

 

Snow

The snow spreads its radiant veils over the city.
The wind blows into his mind, gently swayed by an angelic winter.

[…]

Viaducts burn with an indigo fire corroding his body,
but Syd feels nothing, and only the rediscovered world
of painting awakens in him the dreaming artist

 

 

 

Nocturnes

Sur le toit de la maison d’Earlham,
Le guitariste soupire, le regard fixé sur le Covent Garden.
Son rire délirant se répercute violemment en longs échos.

Au milieu de la nuit, dans les espaces encore inconnus des rêves,
Les sons ensorcelants d’une guitare diaphane et perle ressurgissent :

[…]

Et quand les cordes de cristal cessent de vibrer,
Les souffles du vent se perdent à l’infini.
Le réveil est d’or et d’argent

 

Night Dreams

On the roof of his Earlham Street home
the musician sighs, as he gazes upon Covent Garden,
his madcap laughs reverberating sharply in long echoes.

In the middle of the night, in the strange spaces of dreams,
the bewitching sounds of his diaphanous and pearly guitar are resurrected:

[…]

When the crystal strings stop vibrating,
the breath of the wind is lost to infinity :
Gold and silver awakenings.

 

 

Néfertiti

( A Lindsey Korner )

Les Mille et une nuits du studio de Richmond Hill.

Néfertiti ou Kiya? Il ne se souvient plus de son nom.
Isis, déesse de la lumière, souffle sur sa mémoire figée.

[…]

Esclave dont les cheveux ressemblaient à Amon-Râ brûlant les pyramides,
On le jeta aux crocodiles sacrés, dans l'eau argentan du royaume d'Anubis.

[…]

 

Néfertiti

( To Lindsey Korner )

The thousand and one nights of the Richmond Hill Studio.

Nefertiti or Kiya? He no longer recalls her name.
Isis, goddess of light, blows upon his frozen memory.

[…]

Slave whose hair resembles Amon Ra burning the pyramids,
he was thrown to the sacred crocodiles, in the Argental water of the realm of Anubis.

[…]

 

 

L'oracle londonien

Étourdissante extase lors de la signature avec EMI.
Rage et révolte le jour où la BBC interdit Arnold Lane.
Souvent Syd fait ce rêve d’une Pythie délirante.

[…]

Toutes les pleines lunes,
Hécate lui dévoile ses seins de nacre :
La divinité l’aime avec passion sous le regard des autres dieux.

 

London Oracle

Dizzying ecstasy on signing with EMI.
Rage and rebellion the day when the BBC banned Arnold Lane.
Syd often dreams of a delirious Pythia.

[…]

Whenever there is a full moon,
Hecate reveals to him her mother-of-pearl breasts:
The divinity loves him passionately under the watchful eye of the other gods.

 

 

Haschischins

[…]

Des bateaux ivres sur la Tamise.
Les jardins de Dave Gale brûlent
Perchés sur le Mont Alamount.
Le regard terrible d’Assan Sabbath
Tel deux cavernes sombres sur le fleuve fou,
Contemple ses deux amis haschischins en délire :
Nigel Gordon; Storm Thorgerson.

[…]

Au coeur de la nuit, Omar Khayam hurle, tel un djinn : 
«Syd Barrett, le paradis et l’enfer sont en toi».

[…]

 

Haschischins

[…]

Drunken boats on the river Thames
The gardens of Dave Gale are burning
Perched atop Mount Alamout.
the terrible gaze of Assan Sabbath
like two dark caves on the crazy river,
contemplating his two hashshashin friends
Nigel Gordon; Storm Thorgerson.

[…]

In the heart of the night, Omar Khayam shrieks like a Djinn:
“Syd Barrett, heaven and hell are within you.”

[…]

 

 

Cherokee galactique

Sur l’écran du vaisseau d’or, le musicien de Sirius joue de la guitare,
Comme une baguette magique, elle distille ses mélodies philosophales.
Jimmy Hendrix en Cherokee est un maître des riffes électriques et cosmiques.

Syd l’imite avec son esquire blanche, couverte de miroitements magiques :
Tornades de poussières errant dans l’univers.
Des visions remplissent son esprit en transe.

[…]

 

Cherokee Galactica

On the shield of the golden spaceship, the musician from Sirius is playing his guitar,
like a magic wand, it exudes its transmutational melodies.
Jimmy Hendrix disguised as a Cherokee, a master of the electric and cosmic riff.

Syd imitates him with his white Esquire, sparkling with magic:
Tornados of dust wandering through the universe.
Visions fill his mind in a trance.

[…]

 

 

Joutes fluorescentes

[…]

Les joutes sanglantes du 14 Hour Technicolor Dream.
Un magicien des mots, dont la guitare blanche, glissando,
Ébranle de ses sons fantasmagoriques un public subjugué.

[…]

Ses deux yeux noirs où s’engouffre l’aube qui se lève splendide
Sont imprégnés de vies antérieures enfin révélées. 

[…]

La hache décrit une courbe rapide, et la tête tombe.
Du sang jaillit : fontaine magique qui couvre le sol.

[…]

Sur la scène, il a l’air épuisé.
C’est le dernier grand combat.

 

Florescent Jousts

[…]

The bloody jousts of the 14 Hour Technicolor Dream.
A magician with words, his white guitar, in glissando,
weakens a transfixed crowd with its phantasmagoric sounds.

[…]

His eyes, two deep dark globes engulfing the splendid dawn
are permeated with past lives finally revealed.

[…]

The axe follows a swift curb, and the head falls.
Blood springs forth: a magical fountain showering the ground.

[…]

On stage, he is weary with fatigue.
It is the last great battle

 

 

 

Songes de Mars

Hallucinations.
Quand le soir s’abat,
Mars s’embrase de pourpre :
Ses grands canaux s’enflamment
Éclairant les souterrains sépulcrals

[…]

Réveil d’une violence inouïe.
Devant lui, les visages fondus
D’Alice Cooper et de Glenn Buxton
S’étiolent progressivement.

 

Dream of Mars

Hallucinations!
When night falls,
Mars is ablaze with purple:
Its great canals are in flames
lighting up the underground sepulchres

[…]

Awakening of unimaginable violence.
Before him, the melted faces
of Alice Cooper and Glenn Buxton
gradually wither.

 

 

Akhénaton

[…]

Impassible comme le Sphinx avant de poser l’énigme.
Il observe son ami sosie, le jeune guitariste dieu,
Et les trois musiciens grands prêtres d’Amon-Râ

[…]

Sûr de lui-même, il pose toujours la même question,
Accompagné de chants sacrés, lugubres et sibyllins :
«Vous n’en avez toujours pas compris le sens?»

[…]

Et ces faux dieux devant les pyramides :
Horus, Osiris, Anubis et Seth-Rê
Qu’il abandonne, pour rejoindre,
Au milieu de lotus d’or,
La lumière d’Aton.

 

Akhenaton

[…]

Like the Sphinx, impassive before asking the enigma
He gazes at his twin friend, the young god guitarist
and the three musicians, the High Priests of Amun-Ra,

[…]

Self-assured as he asks the same question over and over,
Accompanied by the holy, lamenting, sibylline chorus:
Aren’t you getting it yet?

[…]

and those false gods facing the emerald pyramids :
Horus, Osiris, Anubis and Seth, whom he leaves
to reach, in the middle of golden lotus,
the blinding light of Aton.

 

Via Ladbroke Grove

Cambridge et Londres
Les deux vies d’Adonis
Une guitare esquire blanche
Une guitare stratocaster noire
D’Arnold Lane à Jugband Blues
L’empire fou du ying et du yang.
Des insectes lumineux, noirâtres et ocres
Dévorent des corps de déesses dépossédées.

[…]

 

Via Ladbroke Grove

Cambridge and London
The two lives of Adonis
A white Esquire guitar
A black Stratocaster guitar
From Arnold Lane to Jugband Blues
The crazy empire of the yin and the yang
Two glowing insects, blackish and ochre
Devour the bodies of the dispossessed goddesses.

[…]

 

 

Cène en Judée

Jérusalem ou Landbroke Grove?
Gethsémané ou Earl’s Court?
Tous sont attablés avec lui :
Po et Storm, très réconfortants.

[…]

Syd partage les galettes de blé
Et verse le vin dans leurs coupes.
Kevin Ayers et David Allen le servent
Sa guitare chatoyante à son cou,
Il étend ses deux bras à l’horizontale,
Les dirige vers le ciel qui se couvre de noirceurs.

[…]

 

Last Supper in Judea

Jerusalem or Landbroke Grove?
Gethsemane or Earl’s Court?
They all sit at the table with him:
Po and Storm, so very comforting.

[…]

Syd shares the wheat cakes
and pours wine in their cups.
Kevin Ayers and David Allen serve him.
His shimmering guitar at his neck,
he extends his arms horizontally,
points them toward the sky which becomes covered in darkness.

[…]

 

 

 

Bacchanales musicales

Devant les miroirs du souvenir
Qui suintent et brillent à la fois,
Il se revoit plus beau qu’Apollon.

[…]

Sa jeunesse brûle dans les gouffres du temps,
Et tel le Dionysos vengeur, il se dirige en chantant,
Vers les studios mystérieux d’Abbey Road.
Là, il mène ses anciens amis
Dans l’espace terrible
Du dieu oracle.

 

Musical Bacchanals

Before the mirrors of memory
which ooze and shine all at once,
he sees himself again, more beautiful than Apollo.

[…]

His youth burns in the abyss of time,
and like a vengeful Dionysus, singing, he moves towards
the mysterious studio of Abbey Road
where he leads his old friends
into the dreaded space
of the oracle god.

 

 

Pélerinages

( A Nick Mason )

[…]

Des aurores boréales orange et lilas l’aveuglent violemment,
Le projetant dans la dimension euphorique d’une vision éveillée.
Un astronef descend à la verticale sur un sol rocailleux.

[…]

Leurs cris affreux se confondent avec des musiques macabres
Et les vrombissements du vaisseau dont les flammes déchirent l’atmosphère.

Réveil brusque : des bruits creux de cymbales et de gongs martèlent son esprit déchiré.

 

Pilgrimages

( To Nick Mason )

[…]

The orange and lilac northern lights blind him violently,
projecting him into the euphoric dimension of a waking dream.
A spaceship descends in a straight line onto a rocky terrain.

[…]

Their frightful cries merge with the ghostly songs
and the humming of the ship whose flames rend the atmosphere.

Rude awakening: the hollow sounds of the cymbals and bells hammer his tattered mind.

 

 

Némo céleste

( A Rick Wright )

Des chevaux qui tanguent sur l’azur
Se mêlent aux nuages de houille bleue.
Dominant les cirrus minor, le nouveau Nemo
Les dompte au rythme d’orgues célestes et orientales.

[…]

Devant la tasse de thé délicieuse,
Où s’enfièvrent ses deux yeux noirs éclatés,
Syd n’a plus la volonté de combattre à ses côtés.
Des dauphins plissent en longues rayures
La surface étale d’une mer irréelle.

 

Celestial Nemo

( To Rick Wright )

Horses pitching above the sky
blend into coal blue clouds.
Towering above the cirrus minor, the new Nemo
tames them to the rhythm of celestial and oriental organs

[…]

His shattered eyes, two dark holes staring feverishly
at the delicious cup of tea,
Syd no longer has the will to do battle at his sides.
Dolphins draw long creases
upon the slack water surface of an imaginary sea.

 

 

Duel

( A Roger Waters )

Rêve ou cauchemar? Règlement de compte!

[…]

Deux hommes pour un duel : le cavalier des hauts plateaux.
Des yeux sombres qui rutilent; le visage émacié du tueur.

[…]

En face de lui, le dévisageant,
Un samouraï en kimono vermeil,
Deux katanas serrés par une large obi de feu.

[…]

Deux anciens amis à la recherche de leurs pères.
Des destinés à la fois si proches et si éloignées.

[…]

 

Duel

( To Roger Waters )

Dream or Nightmare? Settling a score!

[…]

Two men for a duel: the High Plains horseman.
Dark eyes shining; the emaciated face of the killer.

[…]

Facing him, staring him down,
A samurai in a vermillion kimono,
two katanas held by a large obi of fire.

[…]

Two old friends looking for their fathers.
Their fates so close and yet so far apart.

[…

 

 

 

Eldorado

[…]

Des pyramides aztèques et mayas
Couvertes d’émeraude et de plumes,
De jaguars esclaves et de femmes serpents.

[…]

Comme les fiers conquistadors,
Aux épées et aux casques rutilants
Il recherche l’or maudit de l’Inca,
La gloire de John Lennon
Et l’amour de l’Amérique,
Mais sans les trouver.

 

Eldorado

[…]

Aztec pyramids and Mayas
covered in emeralds and feathers,
jaguar slaves and serpentine women.

[…]

Like the proud conquistadors,
with gleaming swords and shiny helmets
he seeks the cursed gold of the Inca,
the glory of John Lennon
and the love of America
but he does not find them.

 

 

De Quétesh à Bastet

Quétesh,
Impériale.

Iggy l’Esquimo,
Fille de l’espace.

[…]

Étoile tombée du ciel noir :
Solaire, solitaire, solstice, soliste

[…]

Musique magique, médique médiévale, magnétique :
Même dans des univers où l’amour est impossible.

[…]

Et ce chat noir qui le caresse du regard, la nuit.
La vision maléfique de Lucifer Sam.

 

From Quetesh to Bastet

Quetesh,
Majestic.

Iggy the Eskimo,
Girl from outer space.

[…]

Star fallen from a black sky:
Solar, solitary, solstice, soloist

[…]

Magical music, medieval Median, magnetic:
Even in worlds where love is impossible.

[…]

And that black cat caressing him with a look, the night.
The malefic vision of Lucifer Sam

 

 

 

Maquis irréel

[…]

Même les pirates galactiques
Sont omniprésents dans les mondes lumineux.
Leurs navires sont de grandes motos carapaces sinistres,
Bardés de katanas lasers et d’arbalètes empoisonnées,
Qu’ils chevauchent comme de grands pégases noirs.

[…]

Ils font plier sous leurs lois d’acier, aussi bien les forts que les faibles.
Mais Syd connaît ce milieu et, de Londres et de Cambridge,
Il organise la grande résistance contre ses ennemis de toujours.
Vie sédentaire recluse.

 

Imaginary Resistance

[…]

Even the galactic pirates
are ubiquitous in shining worlds.
Their ships are giant motorcycles with sinister carapaces,
covered with laser katanas and poisoned crossbows,
which they straddle like a great black Pegasus.

[…]

With their laws of steel they force both the strong and the weak to bow down.
But Syd knows this world, and from London and Cambridge,
he is organizing the resistance movement against his eternal enemies.
The sedentary life of a recluse.

 

 

L'ombre de Messaline

( A Gala Pinion )

Nuits sacrées.
Messaline à Rome,
Magnifique et vulgaire.

Rêve et vision de Gala?
Des piscines de voix lactées exsudent.

[…]

Près des cratères de Vénus, des monts de Mars,
Ils se promènent, unis.

Mais sur terre, ils marchent ensemble,
Sans vraiment se comprendre.

[…]

 

The Shadow of Messalina

( To Gala Pinion )

Sacred nights.
Messalina in Rome,
Magnificent and vulgar.

Dream or vision of Gala?
Pools of milky voices exuding.

[…]

Near the craters of Venus, the mountains of Mars,
They walk, joined together.

But on earth, they walk together,
without really understanding each other.

[…]

 

 

 

Bellum Spartaculum

La nuit, des esprits tourmentés viennent
Dérober ses peintures dans le jardin,
S’emparer de ses pinceaux magiques.
Il distingue leurs ombres et imagine
Des jeux pour les dieux romains.

[…]

Enfin, des androïdes esclaves, recouverts
De masques hideux, vinrent achever
Les terribles créatures en leur défonçant
Le crâne à l’aide de marteaux en bronze.

[…]

 

Bellum Spartaculum

At night, tormented spirits come
to steal his paintings in the garden,
and grab his magic brushes.
He sees their shadows and imagines
games for the Roman gods.

[…]

Finally, android slaves, covered
in hideous masks, came to destroy
the awful creatures by smashing in
their skulls with bronze hammers.

[…]

 

 

Esquisse d'un katana

[…]

De temps en temps un journaliste ou un passant
Sonne à l’entrée, toujours pendant de longues minutes.

Alors la porte s’ouvre et un samouraï en armure noire
Apparaît sur le perron, terrible et magnifique, hautain.

La lame du katana, comme le pinceau sur la toile,
Décrit en sifflant une brève courbe horizontale :
La rayure purpurine du souffle du dragon céleste.

[…]

Pour Miyamoto Musashi et Syd Barrett,
Les arts de la peinture et de l’escrime
Ne sont qu’une même réalité.

 

Sketches of a Katana

[…]

From time to time, a journalist or a passer-by
knocks on the door, always for long minutes at a time.

Suddenly the door opens and a samurai in black armour
appears on the doorstep, menacing and magnificent, arrogant.

Like the brush on the canvas, the blade of the katana follows
a short horizontal curve with a whistling sound:
The crimson stripe of the celestial dragon’s breath.

[…]

For Miyamoto Musashi and Syd Barrett
the art of painting and swordsmanship
are the same reality.

 

 

 

Délirant I Ching

( A Rosemary )

Scènes d’Ikebana
Au Botanic Garden
Ou à l’Abbaye d’Anglesey?

Une geisha s’avance en kimono
Cousu de fleurs rouges irradiées,

[…]

Le peintre s’incline devant la femme galante,
Avant qu’elle ne l’initie à la cérémonie du thé.
Illumination et sérénité sur le Cam brumeux.

 

Crazy I Ching

( To Rosemary )

Ikebana scenes
at the Botanic Garden
or at Anglesey Abbey?

A geisha comes forward in a kimono
Stitched with radiant red flowers.

[…]

The painter bows to the gracious lady,
Before she initiates him in the tea ceremony.
Illumination and serenity on the misty Cam.

 

 

Sublimes vertiges

[…]

Cependant, il se maîtrise, gardant ses katanas dans l’étui,
Et quand il croise Jimmy Hendrix et Timothy Leary,
Les dieux musiciens Pink Anderson et Floyd Council,
Il les salue courtoisement et continue sa marche
Vers des jardins en feu où il n’aspire qu’à peindre
Flores pélagiques et paysages adamiques,
A la recherche de l’ultime satori.

 

Sublime Vertigo

[…]

Yet he restrains himself, keeping his katanas in their cases,
and when he bumps into Jimmy Hendrix and Timothy Leary,
the two musicians Pink Anderson and Floyd Council,
he politely greets them and continues walking
towards the gardens on fire where he longs only to paint
pelagic flora and edenic landscapes,
in search of the ultimate satori.

 

 

 

Oiseaux solaires

[…]

Des galeries souterraines abyssales,
Des nuées d’oiseaux de métal se précipitent,
Plus avides que des vampires célestes :

[…]

Et ils dégustent avec délectation et jouissance
Le sang frais qui coule dans leur gorge.

Crépuscule : le centre de Greenwoods à Essex.
Syd jette un regard furtif dans les jardins brumeux,
Où des oiseaux translucides piaillent inlassablement.

 

Solar Birds

[…]

From bottomless subterranean tunnels,
swarms of metal birds rush in,
greedier than celestial vampires:

[…]

And they savour the delectable fresh blood
running down their throats.

Dusk: the Greenwoods Centre in Essex.
Syd casts a furtive glance at the misty gardens,
where gossamer birds screech relentlessly.

 

 

A Winifred Barrett

Quand le peintre fixe les étoiles en pensant à sa déesse mère,
Il distingue une longue chevelure d’or qui envahit le ciel bleu.

Et la lune reflète le visage de cette femme à qui il aimerait tant parler.
Elle lui sourit tendrement sans rien dire, et le zéphir souffle sur la nuit.

[…]

Mais des profondeurs de l’univers d’où Winifred se penche,
L’espace vertigineux est insaisissable.

[…]

 

To Winifred Barrett

When the painter stares at the stars, thinking of his great mother goddess,
long golden tresses come into view, sweeping over the blue sky.

And the moon shines upon the face of the woman to whom he longs to speak.
She smiles tenderly at him, says nothing, and a soft gentle breeze drifts into the night.

[…]

But from the depths of the universe where Winifred leans,
The vertiginous space is unreachable.

[…]

 

 

 

Vol de jour

Des hommes devant leur avion :
Pink Anderson ou Floyd Council?

[…]

Un appareil s’enflamme, saisi par des vagues de chaleur.
Marches harassantes dans des sables d’or fondu.
Mirage éblouissant : les démons diamantins de Balbek
Luttent âprement avec des anges violâtres survoltés.

[…]

 

Jet Flight

Men standing before their plane:
Pink Anderson or Floyd Council?

[…]

An aircraft catches fire, caught by waves of intense heat.
Exhausting walks in the melting golden sands.
Dazzling mirage: the terrapin demons of Baalbek
are doing fierce battle with the electrified mauve angels.

[…]

 

 

Cathédrales verrées

[…]

De temps à autre, les océans de feu, déchaînés,
Les immobilisaient au milieu des flots bouillonnant de lave.
Syd laissa passer la terrible tempête, il s’assit au centre de la nef,
Captivé par les vitraux illuminés d’éclairs irisés de saphir.

Quand tout s’arrêta, son cœur s’apaisa.
Dans la cathédrale d’Ely, il aperçut la barbare Étheldreda.

 

Crystal Cathedrals

[…]

From time to time, the oceans of fire, unleashed,
immobilized them among the boiling waves of lava.
Syd let the dreadful storm pass, he sat down in the middle of the nave,
captivated by the stained glass windows illuminated by flashes of iridescent sapphire.

When it all stopped, his heart found peace.
At the Cathedral of Ely, he saw the barbarous Etheldreda.

 

 

 

Pluies cosmiques

Neptune resplendissant, bleu en son cercle.
Un homme marche rapidement
À travers les voiles légers
Des gouttes de cristal
Qui meurent sur le sol
En cercles ondulés.

[…]

Sur sa bicyclette magique, il roule vers son atelier,
Pour peindre ou écrire son livre sur les Arts.

 

Cosmic Rain

Shining Neptune, blue in his circle.
A man walks quickly
through the light veils
of crystal drops
which die on the ground
in rippling circles.

[…]

On his magical bicycle, he moves towards his studio
to paint or write his book about Art.

 

 

Gog Magog Hill

Dans sa chambre recouverte
De natures mortes les plus étranges,
Syd joue tranquillement de la guitare classique.

[…]

Une guitare de feu aquatique s’embrase.
Qui joue en sourdine Emily Play pour l’Omnibus. 
Et puis vient le silence de la toile porphyre et smaragdine,
Sur laquelle il a la sensation de créer son dernier chef-d’œuvre.

 

Gog Magog Hill

In his room wall-covered
with the strangest still lifes,
Syd quietly plays classical guitar.

[…]

A guitar is set ablaze with aquatic fire,
softly playing Emily Play for Omnibus.
And then comes the silence of the porphyry and smaragdine canvas,
upon which he has the feeling he is painting his final masterpiece

 

 

 

Sphinx Sibbylin

Si
Si Syd
Si Syd, sicle,
Si Syd, sicle, sidérose
Si Syd, sicle, sidérose sidérant,
Si Syd, sicle, sidérose sidérant, sibilant
Si Syd, sicle, sidérose sidérant, sibilant siamois
Si Syd, sicle, sidérose sidérant, sibilant siamois sibyllin,
Si Syd, sicle, sidérose sidérant, sibilant siamois sibyllin, sicaire
Si Syd, sicle, sidérose sidérant, sibilant siamois sibyllin, sicaire sidéral,
Si Syd, sicle, sidérose sidérant, sibilant siamois sibyllin, sicaire sidéral, sphinx

Sphinx
Sidéroxylon
Sidéroxylon sidérurgiste,
Sidéroxylon sidérurgiste, sidéral
Sidéroxylon sidérurgiste, sidéral sicaire,
Sidéroxylon sidérurgiste, sidéral sicaire, sibyllin
Sidéroxylon sidérurgiste, sidéral sicaire, sibyllin siamois
Sidéroxylon sidérurgiste, sidéral sicaire, sibyllin siamois sibilant,
Sidéroxylon sidérurgiste, sidéral sicaire, sibyllin siamois sibilant, sidérant Sidérose, Sicle,
Sicle, Syd.
Syd Si.
Si

visions musicales

 

Elfe et Sylphe

Quatre cascades tombaient des nuées, se déversant
Sur une plage où se tenait un enfant magicien.
Il montrait du doigt l'origine des sources
Qui le recouvraient de leur fraîcheur.
Syd contempla la voûte céleste hyaline.
Dans les multiples nuances d'azur,
Il comprit qu'il y a bien longtemps,
Il naquit là bas, dans un ciel limpide,
Et ce souvenir le rendit très heureux.

 

Elf and Sylphe

Four waterfalls came tumbling from the sky, flowing
onto a beach where a child magician stood.
He was pointing to the source of the springs
which enveloped him with their coolness.
Syd stared at the hyaline canopy of heaven.
And in the manifold hues of azure,
He understood that long ago,
He was born over there, in a clear sky,
A happy memory.

 

 

 

Épouvantail verdoyant

Devant lui il distingue
Un défilé aux parois escarpées.
De grands rochers noirs édentés brillent.
Au centre, un épouvantail en haillons verts,
L’enrobe de son regard glacial et délavé.
Le rapace posé sur son chapeau
Se métamorphose en corbeaux géants.
Les champs de blés qu’il domine
Semblent brûler la terre opaline si riche.
Une nuée d’oiseaux croassant traverse son corps
Transparent et lumineux, sans le blesser.

 

Verdant Scarecrow

Before him he sees
A narrow pass with steep walls.
Large black jagged boulders are shining.
In their midst, a scarecrow in green rags,
Coats him in a glacial, watery gaze.
The raptor resting on his head
Is transformed into giant crows.
He towers over wheat fields
That seem to burn the opaline soil so rich.
A horde of cawing birds flies through his body,
Transparent and luminous, but they do not wound him

 

 

Pégase de flammes

Des marécages de lumières aveuglantes,
Criblés de joncs d'argent et de lotus couleur de sang.
Une brume l'enveloppe, fine comme des filets d’ambre.
Du soleil, une musique se répand,
Et une horde d'unicornes apparaît,
Chevauchant dans sa direction.
Syd aperçoit un pégase de diamants,
Il le saisit quand le splendide animal le frôle
Et va la chercher dans son domaine fantasmagorique.
Ils s’élancent tous deux en direction du ciel enflammé

 

Blazing Pegasus

Marshes of blinding lights,
Covered in silver bulrushes and lotuses the colour of blood.
A mist envelops him, fine as amber threads.
Music spills from the sun,
And a herd of unicorns appears,
Galloping towards him.
Syd notices a Pegasus with diamonds,
He grabs him as the splendid animal brushes against him
And goes to look for her in the shadowy spaces.
Together they soar into the blazing sky.

 

 

 

Dominos

Les deux enfants se regardent,
Une petite fille et un petit garçon,
D'abord gentiment, puis férocement.
Les nuages déversent une pluie de dominos,
Quand le sol en est recouvert, une rivière se forme :
Vagues de nacre, trous de nuit, spirales d'argent, fosses d'ébène.
Les eaux les entraînent au loin, vers un large toboggan où ils glissent.
Ils rient, ils pleurent et ils se jurent amour et amitié,
Jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge adulte.

 

 

Dominos

The two children look at each other,
A little girl and a little boy,
At first gently, then savagely.
Dominos rain down from the clouds,
When they have covered the ground, a river forms:
Mother-of-pearl waves, night burrows, silver spirals, ebony ditches.
The water carries them afar, towards a large toboggan upon which they slide.
They laugh, they cry and they pledge their love and friendship,
Until they grow up.


 

 

Bicyclette galactique

Une route sans fin,
Perchée sur les abîmes éthérés.
Les milliers de bicyclettes dont les sonnettes
Éclaboussent de leur son cristallin l’univers insondable,
Ressemblent au loin à une voie lactée illimitée.
Il saute d'une selle à l'autre pour lui parler.
Course effrénée d’un rêve impossible.
La jeune fille apparaît comme jadis

 

Galactic Bicycle

An endless road,
Set atop the ethereal abyss.
The bells of a thousand bicycles
Splash the unfathomable universe with their crystalline sound,
In the distance, they resemble a boundless Milky Way.
He jumps from one saddle to another to speak to her.
Frantic race for an impossible dream.
The young girl appears as long ago.

 

 

 

Lucy leave (in blue tights)

Couverte de bleu
Des pieds à la tête
Lucie, Lucie, Lucie,
Les enfants t'appellent trois fois
[...]
Ton souffle caressant les vaisseaux d'argent
Ta voix rassurant les voyageurs inquiets
Qui sont à la fois si près,
Et si éloignés
De toi

 

Lucy leave (in blue tights)

Covered in blue
From head to toe
Lucy, Lucy, Lucy.
The children call your name three times
[...]
Your breath caressing the silver vessels
Your voice bringing comfort to the worried travelers
Who are so close
And yet so far away
From you

 

 

Les printemps d’Emily

Elle rêvait aux douze longs mois de mai de l’année,
Ces printemps couverts de multiples reflets aquatiques,
Liquides de feu, de fleurs et de forêts tangerine.
[...]
Le monde se réveille, c’est un rêve,
Une rivière tiède où Emily Kennet
Nage dans l’amour

 

Emily in Spring

She would dream, each year the twelve long months of May,
Of springtime showered with a multitude of aquatic reflections,
Liquids of fire, flowers and tangerine forests.
[...]
The world awakens, it’s a dream,
A balmy river where Emily Kennet
Swims in love.

 

 

 

Enfance Diamantée

Des lacs d’or s’étendent à l’horizon.
Sur les tours de cristal parsemées çà et là,
Des émerillons aux plumes rouges observent.
[...]
Alors des cavaliers surgissent des brumes pâles
Pour les emmener dans des mondes oubliés,
Illuminés d’argent incandescent
Et de pourpres lumineuses.

 

Terrapin Childhood

Golden lakes stretch over the horizon.
On the crystal towers scattered here and there,
Red-winged merlins watch.
[...]
Then the riders emerge from the pale mists
To take them to forgotten worlds
Illuminated with incandescent silver
And luminous purples

 

 

Voies lactées (a star)

Voie lactée, voix lattée,
Voie lactée, voix d'été.
Dans les étoiles, je vois cet amour,
Qui est toujours le nôtre.
[...]
L’amour le matin satin
Que nous faisons si bien,
Voie lactée, voix péché
Voie lactée, voix rêvée

 

Milky Ways (a star)

Milky Way, latte voice
Milky Way, summer voice.
In the stars, I see this love
That is ever ours.
[...]
In the satin morning
The love we make so well,
Milky Way, voice of sins
Milky Way, voice of dreams

 

 

 

Massilia

Pommes d’or
Sur des orangers.
[...]
Sur des tapis granulés de la plage
La déesse aux seins dorés et aux yeux pâles,
Au corps d’Aphrodite et aux paroles trompeuses,
S’avance en silence en direction de l’écume.

 

Massilia

Golden apples
On orange trees.
[...]
On the grainy carpets of the beach
The goddess with the golden breasts and pale eyes,
With the body of Aphrodite and deceitful words
Moves in silence towards the sea foam.

 

 

Nouvelles illuminations

Un paysage botanique; l’océan pacifique.
[...]
Sur le rocher luisant, il ne fait qu'un avec la mer froide
Des éléphants rutilants surgissent des fosses sousmarines.

 

New Illuminations

A botanical landscape, the pacific ocean.
[...]
On a shiny rock he is one with the cold sea
Gleaming elephants emerge from the oceans deep

 

 

 

Visions vampiriques

Rêves éveillés.
Solitudes renouvelées.
Planète d’hiver perpétuel.
[...]
Et ces femmes magnifiques qui ne le dévorent que dans les songes.

 

Vampiric visions

Waking dreams.
Renewed solitudes.
Planet of perpetual winter.
[...]
And those magnificent women who only devour him in dreams.

 

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